Appel à communications : journée d’études « Le retour de la crise inflationniste : où est passé le conflit distributif ? »

Cnam, site du Landy (Saint-Denis), vendredi 2 avril 2027

Le Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) du Cnam organise une journée d’études avec le soutien du Réseau thématique 18 « Relations professionnelles et syndicalisme » de l’Association française de sociologie.

La séquence inflationniste ouverte en 2021, dont témoigne la mobilisation contre la « vie chère » du 17 octobre 2026, ébranle le régime désinflationniste des dernières décennies. Plusieurs chocs l’ont accélérée : pandémie, désorganisation des chaînes d’approvisionnement, crise énergétique, guerre en Ukraine. Mais elle ne se réduit pas à un épisode conjoncturel, et elle replace au cœur du débat une question classique de l’économie politique : la répartition des revenus et les rapports de force qui la déterminent.

L’inflation n’entraîne pas une perte de pouvoir d’achat uniforme. Salariés, employeurs, détenteurs de patrimoine, débiteurs et créanciers ne disposent pas des mêmes moyens pour absorber la hausse des prix ou la répercuter. Dans un régime de croissance néolibéral marqué par l’affaiblissement des institutions construites autour du salariat, l’inflation devient à la fois un processus de redistribution et un moment de conflit autour du partage du revenu.

La journée d’études part des salaires pour comprendre pourquoi certains revenus suivent l’inflation quand d’autres décrochent. Elle s’intéresse au rôle des institutions et des conventions qui encadrent ce conflit (revalorisation du SMIC, négociations salariales, minima conventionnels, primes, transferts sociaux, mesures fiscales) et aux rythmes d’ajustement qui structurent les rapports de force entre salariés, employeurs, ménages et pouvoirs publics. Une question traverse l’ensemble : la relation salariale reste-t-elle le lieu central du conflit distributif, ou celui-ci se joue-t-il désormais sur plusieurs terrains ?

Trois axes d’analyse

  • les relations professionnelles ;
  • les politiques publiques ;
  • les pratiques économiques quotidiennes qui absorbent, atténuent ou amplifient les effets de l’inflation.

L’appel s’adresse à toutes les sciences sociales : sociologie, économie, anthropologie, gestion, droit, histoire, science politique. Les communications avec une perspective internationale ou comparée sont bienvenues.

Modalités de soumission
Les propositions comptent 5 000 signes, espaces compris. Elles précisent la problématique, le cadre d’analyse, le matériau et les principaux résultats.
Date limite : 11 décembre 2026

Lien vers le site du CNAM.

Organisation : Samuel Zarka et Francesco Massimo (CEET, Cnam)

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