Un refus de promotion non justifié
Pour la diversité des approches et des missions d’un enseignant-chercheur
Lors de la session du 5 septembre 2011, la section 05 « science économique » du
CNU, réduite aux seuls Professeurs des universités, a refusé par 10 voix pour,
10 voix contre et 1 vote blanc la promotion de Philippe Batifoulier,
actuellement Maître de conférences, au grade de Professeur. Cette procédure
se déroulait dans le cadre de l’article 46-3 du décret statutaire de 1984
modifié. Philippe Batifoulier, proposé en première position par l’Université du
Havre (après que le candidat initialement classé premier a été reçu au
deuxième concours d’agrégation), a été déclassé au profit du second (ex
troisième) sans motivation explicite.
Rappelons, pour mémoire, que l’an passé, Philippe Batifoulier avait été classé
premier à l’unanimité par le comité de sélection de la section 05 de l’Université
de Bourgogne. Mais il avait été déclassé par le conseil d’administration de
cette Université, sans aucune argumentation, au profit d’une candidate au
dossier formaté selon les règles standard, et qui a été retenue par la
commission de la section 05 du CNU, alors que Philippe Batifoulier était rejeté
avec 10 voix pour, 10 voix contre et 1 blanc (c’est-à-dire exactement le même
score que cette année).
Chacun pourra prendre connaissance du [CV de Philippe Batifoulier->http://economix.fr/docs/94/CV%20batifoulier%20mai%202011%20.pdf]. Ce CV
paraît remarquable tant sur le plan des réalisations scientifiques que celui des
engagements pédagogiques et administratifs. Il exprime la diversité des
missions qu’un enseignant-chercheur doit assumer, telles qu’un [récent rapport
de l’AFEP sur l’évaluation->https://preprod.assoeconomiepolitique.org/IMG/pdf/Commission_Evaluation_texte_final.pdf] les a rappelées.
Face à une ignorance manifeste de la diversité et de la qualité des activités de
Philippe Batifoulier, l’AFEP, qui défend avec la même détermination la diversité
des missions d’un enseignant-chercheur et la pluralité des approches, ne peut
que s’interroger sur les effets possibles de la dimension hétérodoxe des
travaux de Philippe Batifoulier. Cette dimension hétérodoxe serait-elle à
l’origine du rejet de la promotion de notre collègue ?
Par ailleurs le texte qui régit la procédure du 46-3 définie à l’article 49-3 du
décret du 6 juin 1984 n’a pas été respecté. Aucun « rapport motivé » n’a été
fourni à Philippe Batifoulier. Or il s’agit précisément de la mesure destinée à
éviter l’arbitraire de la décision : » Lorsque, dans l’ordre de la liste de
classement proposée par l’établissement, un candidat recevant un avis
défavorable de la section compétente du Conseil national des universités ou de
la section compétente du groupe des disciplines pharmaceutiques du Conseil
national des universités pour les disciplines médicales, odontologiques et
pharmaceutiques est mieux classé qu’un candidat recevant un avis favorable
de celle-ci, la section établit un rapport motivé ».
En conséquence, il paraît clair que Philippe Batifoulier a la possibilité de
déposer un recours devant le Conseil d’Etat. Le soutien de l’AFEP lui est acquis,
s’il en décide ainsi. L’AFEP, comme association professionnelle, appelle les
syndicats de l’enseignement supérieur à la rejoindre dans ce soutien.
Ce cas particulier est – malheureusement – exemplaire d’une démarche
sectaire qui ne respecte ni les textes, ni le pluralisme, et encore moins les
personnes.
L’AFEP, comme association professionnelle, continuera à se mobiliser à l’avenir
pour défendre les collègues qui auraient à subir des pratiques d’évaluation qui
tournent le dos à la pluralité des approches, à celle des méthodes et à celle des
objets de recherche.
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